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Jardin Cauter : le débat démocratique mérite mieux

Photo du rédacteur: Patricia Nagelmackers
Patricia Nagelmackers
il y a 6 jours
4 min de lecture

Le débat autour du Jardin Cauter lors du dernier Conseil communal d’Uccle du 15 octobre m’a laissé un sentiment de malaise. Non pas seulement en raison du fond du dossier, mais surtout en raison de la manière dont le débat s’est déroulé.


Et je veux être très claire : Les Engagés ne soutenaient pas telle quelle la motion déposée par le PS.


Notre position sur le Jardin Cauter a toujours été celle de l’équilibre.

Nous considérons que la préservation des espaces verts à Uccle est essentielle. Le jardin du Home Brugmann constitue un véritable espace de respiration dans un quartier dense. Nous avons rencontré les riverains et nous comprenons leur volonté de préserver ce poumon vert ainsi que les arbres remarquables qui s’y trouvent.


Mais nous devons également regarder la situation du CPAS avec responsabilité. Celui-ci connaît des difficultés financières importantes et sa priorité doit rester l’accomplissement de ses missions sociales auprès des personnes les plus fragilisées.


C’est pourquoi la motion du PS nous semblait aller trop loin : certaines des mesures proposées risquaient de réduire fortement les possibilités de valorisation du bien et donc de peser davantage sur la situation financière du CPAS.


Pour autant, cela ne signifie pas que nous devons choisir entre le CPAS et les riverains, entre les missions sociales et la protection de l’environnement.


Des solutions intermédiaires existent. Les outils urbanistiques et environnementaux peuvent notamment permettre de protéger les arbres remarquables, de préserver une partie significative de cet espace vert et d’encadrer strictement son éventuel développement futur.


Un engagement avait pourtant été pris : un groupe de travail devait être constitué.

C’est là que la méthode, lors du Conseil communal du 15 octobre, me pose problème.

En mai dernier, nous avions convenu de mettre en place un groupe de travail réunissant les différentes formations politiques afin de rechercher ensemble une solution équilibrée entre la Commune, le CPAS et les habitants.

Ce groupe de travail n’a jamais vu le jour.

C’est regrettable, car il aurait précisément permis de confronter les différentes positions, d’étudier les solutions possibles et, peut-être, d’arriver au Conseil communal avec un texte susceptible de rassembler largement.

Au lieu de cela, nous nous sommes retrouvés avec une motion de la LB et, le matin même du Conseil communal, vers 10 heures, avec une nouvelle motion déposée par la Liste du Bourgmestre en réponse à celle-ci.

Le droit de déposer des amendements n’est évidemment pas en cause.


Mais déposer une motion alternatives quelques heures avant le Conseil pose un véritable problème de méthode.

Comment les conseillers communaux peuvent-ils analyser sérieusement un texte, en mesurer toutes les conséquences et éventuellement proposer des amendements lorsqu’ils le découvrent quelques heures avant la séance ?


Une majorité peut gagner un vote. Mais le débat ?

La motion de la Liste du Bourgmestre a ensuite été soumise au vote sur ses différents éléments et adoptée. Son adoption a eu pour conséquence de rendre, dans les faits, la motion initialement déposée par le PS sans objet.

C’est précisément cette manière de procéder qui me dérange.


D’autant plus que notre groupe avait prévu de s’abstenir sur les deux textes. Notre désaccord ne porte donc pas sur le fait que la majorité ait proposé une autre solution que celle du PS.

Il porte sur quelque chose de beaucoup plus fondamental : les conditions dans lesquelles nous exerçons notre mandat de conseiller communal. Nous avons donc voté contre la motion déposée par la Liste du Bourgmestre.


La majorité dispose des voix nécessaires pour faire adopter ses propositions. Elle n’a donc rien à perdre à permettre un véritable débat.

Pourquoi ne pas avoir transmis cette motion plus tôt ?

Pourquoi le groupe de travail annoncé en mai n’a-t-il jamais été réuni ?

Pourquoi ne pas avoir recherché, en amont, une solution susceptible de concilier les intérêts du CPAS, la préservation du jardin et les préoccupations légitimes des riverains ?

La démocratie ne commence pas au moment où l’on lève la main

Cette séquence pose finalement une question beaucoup plus large.


Quelle place voulons-nous réellement donner au débat au sein de notre Conseil communal ?

La démocratie communale ne peut pas se résumer à compter les voix au moment du vote.

Elle suppose que chaque groupe, majorité comme opposition, puisse travailler sur les textes, confronter ses arguments, proposer des amendements et chercher des compromis.

Elle suppose aussi que les engagements de concertation pris quelques mois auparavant soient respectés.

Sur le Jardin Cauter, nous avions demandé que le groupe de travail annoncé soit enfin constitué, associant les partis, le Collège et le CPAS, afin de rechercher des propositions permettant à la fois de préserver ce poumon vert et de tenir compte des intérêts financiers et sociaux du CPAS.

C’est toujours cette méthode que nous défendons. Et nous avons interrogé la Bourgmestre sur la réglementation en terme de dépôt de mention.


Préserver. Dialoguer. Chercher l’équilibre.

On peut être en désaccord politiquement. C’est même le principe d’un Conseil communal. Mais encore faut-il se donner le temps et les moyens d’en débattre.

Car une majorité peut toujours gagner un vote.


La qualité démocratique, elle, se mesure à la manière dont on permet au débat d’avoir lieu. Et surtout à fin, c’est les citoyens qui subissent les décisions.

 

 
 
 

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