Ne pas decider, c'est déja decider: Bruxelles face à l'urgence politique
- Patricia Nagelmackers
- 25 janv.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 janv.
L’échec de la mission de formation confiée à Yvan Verougstraete marque un moment de vérité pour Bruxelles. Après des semaines de discussions, de tentatives de rapprochement et d’espoirs de sortie de crise, la Région reste sans gouvernement de plein exercice. Ce constat n’est pas celui d’un homme seul, mais celui d’un système politique incapable, à ce stade, de dépasser ses blocages.
600 jours de blocage, 600 jours sans gouvernement bruxellois. Après le MR, Les Engagés ont pris la barre des négociations et ce fût un échec. Un échec mais on peut que féliciter Yvan Verougstraete d'avoir tenté de sortir de l'impasse. On lui reconnait, du reste, ses talents de négociateur. Un échec sur un programme construit avec des propositions fortes mais l'Open VLD (Anders) n'est pas venu à la table des négociations. Je l'avais pré-senti lors de la conférence organisée à The Mérode sur les réformes du mode de scrutin bruxellois. en décembre dernier. Ses positions étaient rigides et déconnectées de la réalité politique de Bruxelles. Aujourd'hui, cette réforme est rendue plus que nécessaire car l'existence même de deux collèges rend l"émergence d'une coalition quasi impossible. Et le refus de De Gucht en est la preuve. C'est la deuxième fois qu'il bloque les négociations. Pour rappel, Au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, qui compte 89 sièges répartis entre 72 francophones et 17 néerlandophones, le parti Open Vld (libéraux flamands) détient 2 sièges (dans le groupe linguistique néerlandais) pour la législature 2024-2029. Donc un petit parti flamand, non représentatif des Bruxellois peut bloquer et mettre en péril l'avenir de Bruxelles. Qu'en penser?
Mais au-delà du feuilleton institutionnel, une question essentielle demeure, trop souvent reléguée à l’arrière-plan : Bruxelles peut-elle se permettre de rester sans gouvernement alors que sa situation financière est déjà fragile ?
Car pendant que les négociations piétinent, les défis budgétaires, eux, n’attendent pas.
L’absence de majorité claire et de cap politique n’est pas neutre. Elle pèse sur la crédibilité de la Région, retarde les décisions indispensables et fragilise la capacité de Bruxelles à faire face à ses responsabilités sociales, économiques et environnementales. Gouverner en affaires courantes, ce n’est pas gouverner : c’est gérer l’urgence sans pouvoir préparer l’avenir.
C’est dans ce contexte que le débat doit être posé avec sérieux et responsabilité. Non pas pour désigner des coupables, mais pour rappeler une évidence : l’immobilisme institutionnel a un coût, et ce coût est d’abord supporté par les Bruxelloises et les Bruxellois. Bruxelles mérite mieux que l’attentisme
La situation financière de la Région de Bruxelles-Capitale est aujourd’hui préoccupante. Personne ne peut sérieusement le nier. Déficit structurel, dette en augmentation, pression croissante sur des politiques essentielles comme la mobilité, le logement, la sécurité ou le social : Bruxelles avance sur une ligne de crête.
À cela s’ajoute une réalité souvent passée sous silence : Bruxelles assume pleinement son rôle de capitale nationale et internationale, avec des charges spécifiques importantes, sans bénéficier d’un refinancement structurel à la hauteur de cette responsabilité. Cette équation financière est fragile depuis longtemps. Elle est aujourd’hui rendue plus dangereuse encore par l’absence d’un gouvernement régional de plein exercice.
Car gouverner en affaires courantes, ce n’est pas gouverner.
C’est gérer le quotidien sans pouvoir fixer de cap. C’est reporter les décisions difficiles, différer les réformes nécessaires, et laisser s’accumuler des coûts que d’autres devront assumer demain. En matière budgétaire, l’attentisme n’est jamais neutre : il finit toujours par coûter plus cher.
Cette situation affaiblit Bruxelles à plusieurs niveaux. Elle nuit à sa crédibilité financière, fragilise la confiance des partenaires institutionnels et envoie un mauvais signal à celles et ceux qui investissent, travaillent ou vivent dans la Région. Mais surtout, elle a des conséquences très concrètes pour les Bruxelloises et les Bruxellois : des politiques sociales sous tension, des investissements retardés, une incertitude croissante pour les communes, les CPAS et le tissu associatif. Ce sont, une fois encore, les publics les plus fragiles qui paient le prix de l’indécision politique.
Face à ce constat, le mouvement Les Engagés refuse les fausses oppositions.
Non, la responsabilité budgétaire n’est pas l’ennemie de la justice sociale. Au contraire : sans finances publiques solides, il n’y a pas de politiques sociales durables. Et non, regarder la réalité financière en face ne signifie pas céder à l’austérité aveugle ni à la stigmatisation de Bruxelles.
Ce que Les Engagés défendent, c’est une autre voie.
Une voie faite de lucidité et de courage politique. Une trajectoire budgétaire claire et crédible, fondée sur une maîtrise des dépenses intelligente, des choix assumés et une transparence totale sur les priorités.
Une gouvernance responsable, portée par un gouvernement régional de plein exercice capable de décider, d’évaluer et de rendre des comptes. Une attention constante à la justice sociale, avec la protection des politiques essentielles et une évaluation rigoureuse de l’efficacité des dépenses publiques. Et enfin, une négociation ferme avec le niveau fédéral pour un refinancement juste de Bruxelles, à la hauteur de son rôle et de ses responsabilités.
Alors en conclusion, il est temps d'avoir le "Courage de changer ".

Elle a besoin d’un cap. Elle a besoin d’un gouvernement capable d’assumer ses responsabilités financières sans renoncer à la solidarité.
C’est ce chemin exigeant mais nécessaire que Les Engagés proposent pour Bruxelles. Parce que l’avenir de la Région ne se construit ni dans le déni, ni dans l’immobilisme, mais dans le courage de décider ensemble.



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