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Femmes et emploi à Bruxelles: l’égalité ne peut plus attendre

  • Photo du rédacteur: Patricia Nagelmackers
    Patricia Nagelmackers
  • 30 mars
  • 3 min de lecture

À Bruxelles, les femmes ne sont pas moins compétentes ni moins ambitieuses. Pourtant, elles restent structurellement désavantagées face à l’emploi. Les chiffres sont sans appel : notre marché du travail continue d’exclure une partie importante des femmes.

Et cela ne peut plus être considéré comme une fatalité.


Des inégalités massives et persistantes

Aujourd’hui à Bruxelles :

  • Le taux d’emploi des femmes est de 53 %, contre 64,9 % pour les hommes 

  • Le taux d’activité des femmes atteint à peine 59,9 %, contre 73,9 % pour les hommes 

  • Plus de 172.900 femmes sont inactives, contre 111.600 hommes

Ces chiffres révèlent une réalité trop souvent invisibilisée : le principal problème n’est pas seulement le chômage, mais l’exclusion du marché du travail.

Le taux de chômage féminin (11,5 %) est légèrement inférieur à celui des hommes. Mais ce chiffre est trompeur : il reflète surtout le fait que de nombreuses femmes ont déjà quitté le marché du travail.


L’inactivité féminine : un angle mort politique

Derrière ces statistiques, il y a des réalités très concrètes.

À Bruxelles, trop de femmes ne peuvent pas travailler parce que les conditions ne sont pas réunies :

  • manque de places en crèche (± 20.700 places seulement)

  • charge familiale encore largement assumée par les femmes

  • explosion des familles monoparentales (11,6 % des ménages)

Pour beaucoup, travailler devient un parcours d’obstacles.

Tant que la politique de l’emploi ne s’attaque pas à ces freins, elle passera à côté de l’essentiel.


Femmes et précarité : une double peine

À Bruxelles :

  • 26,3 % de la population vit sous le seuil de pauvreté 

  • 37,3 % est à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale 

Les femmes sont particulièrement exposées, notamment :

  • les mères seules

  • les travailleuses à temps partiel

  • les femmes en emploi précaire

À cela s’ajoute un écart salarial qui atteint 18,2 % en fin de carrière.

L’inégalité face à l’emploi alimente directement l’inégalité sociale.


Femmes d’origine étrangère : une triple barrière

Bruxelles est une ville-monde. Près de 37,2 % des habitants sont de nationalité étrangère.

Mais cette richesse s’accompagne de freins structurels :

  • 40.000 demandeurs d’emploi disposent d’un diplôme étranger non reconnu 

  • des obstacles linguistiques

  • des discriminations persistantes

Résultat : des femmes qualifiées se retrouvent exclues ou déclassées.


Un marché du travail encore profondément inégal

Les femmes restent concentrées dans quelques secteurs :

  • soins

  • enseignement

  • services

Des métiers essentiels… mais moins valorisés et moins rémunérés.

Parallèlement :

  • elles subissent davantage le temps partiel contraint 

  • elles accèdent moins aux secteurs porteurs (tech, industrie…)

  • leurs carrières sont plus fragmentées


Le marché du travail bruxellois reste profondément genré.

Il est temps d’agir : des choix politiques clairs

Ces inégalités ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat de choix politiques — et donc, elles peuvent être corrigées.

Nous devons agir avec détermination :

1. Investir massivement dans la petite enfance

Sans solution de garde, pas d’accès à l’emploi. Il faut augmenter fortement le nombre de places et adapter les horaires.

2. Reconnaître enfin les diplômes étrangers

Simplifier et accélérer les procédures. Mieux accompagner les parcours professionnels

3. Cibler les femmes éloignées de l’emploi

Politiques actives spécifiques. Accompagnement individualisé

4. Lutter contre les discriminations

Contrôles renforcés. Transparence dans les recrutements

5. Ouvrir les secteurs d’avenir aux femmes

Formation, orientation, incitants

6. Adapter le travail à la réalité des vies

Horaires compatibles. Lutte contre le temps partiel subi


Une responsabilité collective

Permettre aux femmes d’accéder pleinement à l’emploi, ce n’est pas seulement une question d’égalité.

C’est :

  • un enjeu économique

  • un enjeu social

  • un enjeu de dignité



 
 
 

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