Centre d’accueil rue Beeckman : sortir des oppositions stériles et rétablir la confianceLe
Le projet d’ouverture d’un centre d’accueil pour demandeurs de protection internationale rue Beeckman suscite depuis plusieurs semaines de nombreuses réactions à Uccle.
Certaines sont vives, d’autres inquiètes ou interrogatives. Mais derrière ces réactions se trouve, à mes yeux, une attente parfaitement légitime : celle d’être informé et entendu lorsque des décisions importantes viennent modifier la vie et l’équilibre d’un quartier.
Ce dossier est sensible parce qu’il touche à deux exigences que certains voudraient parfois opposer : notre devoir d’accueil et le respect de la qualité de vie des habitants.
Je refuse cette opposition.
Accueillir dignement, oui. Mais pas sans dialogue.
Notre pays a des obligations en matière d’accueil des personnes qui demandent une protection internationale. Derrière les chiffres et les procédures, il y a des femmes, des hommes et des enfants qui ont souvent connu la guerre, les persécutions, la violence ou l’exil.
Ils doivent pouvoir être accueillis dignement.
Mais affirmer ce principe ne signifie pas que toutes les questions posées par les habitants deviennent illégitimes.
Les riverains ont, eux aussi, des droits : être correctement informés, comprendre le projet, connaître ses conséquences concrètes sur leur quartier et pouvoir exprimer leurs préoccupations.
L’humanité envers les personnes accueillies et l’attention portée aux habitants ne sont pas contradictoires.
C’est précisément le rôle du politique de parvenir à concilier les deux.
Ce dossier révèle surtout un déficit de concertation
Depuis le début, ce qui me préoccupe particulièrement dans le dossier de la rue Beeckman est la manière dont le projet a été présenté et préparé.
Un centre d’accueil de cette importance ne peut pas être considéré comme un simple changement d’occupation d’un bâtiment. Il a nécessairement des conséquences pour son environnement immédiat et soulève des questions concrètes : mobilité, sécurité, propreté, organisation du site, accompagnement des personnes accueillies ou encore relations avec le voisinage.
Ces questions doivent pouvoir être posées sans que ceux qui les formulent soient immédiatement catalogués comme étant opposés à l’accueil des demandeurs de protection internationale.
Écouter une inquiétude ne signifie pas nécessairement la partager. Mais refuser de l’entendre est certainement le meilleur moyen de renforcer la défiance.
La récente procédure judiciaire engagée par des riverains a d’ailleurs montré à quel point la question du cadre juridique et des procédures avait pris une place centrale dans ce dossier.
Une décision de justice doit évidemment être respectée. Mais au-delà de la procédure judiciaire, une question politique demeure : comment restaurer la confiance ?
Ne caricaturer personne
Je crois qu’il faut aujourd’hui sortir des postures.
Les inquiétudes des riverains ne doivent être ni caricaturées, ni instrumentalisées politiquement.
Mais les personnes qui seront accueillies rue Beeckman ne doivent pas davantage devenir les victimes d’un débat qui les dépasse.
Elles ne sont pas responsables des décisions prises par les autorités, de la localisation choisie ou de la manière dont le projet a été préparé.
Notre responsabilité politique est donc double : garantir un accueil digne et veiller à ce que cet accueil puisse s’intégrer harmonieusement dans le quartier.
Cela suppose du dialogue, mais surtout un dialogue qui ne soit pas organisé uniquement lorsque les décisions sont déjà prises.
La Commune doit rester pleinement impliquée
Même lorsqu'une décision ne relève pas directement de la Commune, celle-ci reste l’autorité publique la plus proche des habitants.
Elle doit donc pouvoir jouer pleinement son rôle d’interface entre les riverains, les responsables du centre et les autres niveaux de pouvoir.
Cela implique une information régulière, des interlocuteurs clairement identifiés et un suivi concret des éventuelles difficultés rencontrées après l’ouverture.
La concertation ne doit pas être un événement ponctuel. Elle doit devenir une méthode de travail pendant toute la durée du projet.
En tant que conseillère communale et cheffe de groupe Les Engagés à Uccle, je serai donc particulièrement attentive à l’évolution de ce dossier et au respect des engagements pris envers les habitants.
Responsabilité, solidarité et confiance
Ce dossier dépasse finalement la seule question de la rue Beeckman.
Il pose une question plus fondamentale sur notre manière de prendre des décisions publiques.
Dans une démocratie, l’efficacité ne peut pas se construire au détriment de la concertation. Et la solidarité ne peut durablement fonctionner sans confiance.
Nous devons être capables de dire simultanément que notre société a le devoir d’accueillir dignement ceux qui ont besoin de protection et que les habitants ont le droit d’être informés, écoutés et associés lorsque leur environnement est directement concerné.
Ce n’est pas choisir un camp contre un autre.
C’est rechercher cet équilibre qui devrait précisément être au cœur de l’action politique.
À Uccle, c’est cette ligne que je continuerai à défendre : responsabilité, solidarité, dialogue et respect de l’État de droit.
Patricia Nagelmackers
Conseillère communale – Cheffe de groupe Les Engagés à Uccle




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