613 jours plus tard : Bruxelles a enfin un gouvernement. Maintenant Il va falloir se mettre au travail
- Patricia Nagelmackers
- 13 févr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 févr.
Le 12 février, un accord de gouvernement a enfin été conclu à Bruxelles.Après 613 jours, ce n’est pas tant une victoire politique qu’une nécessité démocratique. Une capitale ne peut pas rester bloquée pendant que ses difficultés, elles, continuent d’avancer : finances fragiles, logement inaccessible, tensions autour de la mobilité, propreté dégradée, sentiment d’insécurité.
Le premier mérite de cet accord est donc simple : redonner une direction.
Le second — plus intéressant — est qu’il a été négocié sous contrainte. Et à Bruxelles, la contrainte oblige enfin au pragmatisme.
On ne peut plus promettre tout à tout le monde. Il faut remettre les comptes sur pied et améliorer concrètement le quotidien des Bruxellois.
Sortir des slogans pour traiter les causes
Pendant longtemps, la Région Bruxelloise a empilé des politiques sans toujours relier les problèmes entre eux. Ce qui change ici, c’est une approche plus systémique.
Accélérer les permis d’urbanisme, ce n’est pas administratif : c’est du logement plus vite.
La propreté, ce n’est pas cosmétique : c’est du sentiment de sécurité et surtout l'image que l'on donne à la Capitale de l'Europe
La santé mentale, ce n’est pas seulement médical : c’est de l’emploi, des écoles et de la cohésion sociale.
La mobilité concertée, et non imposée, ce n’est pas reculer : c’est reconnaître qu’une ville se construit avec ses habitants.
Propreté et sécurité : sortir du tabou politique.
À Bruxelles, ces sujets ont longtemps été piégés idéologiquement.Or la propreté n’est pas un thème secondaire : elle conditionne le sentiment d’appartenance à la ville.
Quand l’espace public se dégrade, la confiance collective disparaît.Et quand la confiance disparaît, les tensions montent.
Réformer les services de propreté, adapter les collectes et lutter contre les incivilités, ce n’est pas cosmétique : c’est du lien social.
Mobilité : la fin des solutions universelles
La mobilité bruxelloise s’est enfermée dans des modèles globaux appliqués localement.
L’accord prend une direction différente : des périmètres plus petits, plus concertés, adaptés aux réalités des quartiers.
C’est peut-être moins spectaculaire politiquement, mais probablement plus efficace. Et maintenir l’offre de transports publics malgré la contrainte budgétaire évite de transformer la transition écologique en transition punitive.
On parle enfin moins de principes abstraits et davantage de conditions concrètes pour vivre dans la ville.
Une attractivité qui passe d’abord par le quotidien
On a trop longtemps opposé attractivité économique et qualité de vie. En réalité, une capitale attractive est simplement une ville qui fonctionne où la sécurité n'est pas une option ; des gares sûres, des quartiers propres, des procédures administratives compréhensibles et des transports publics fiables.
Dit comme cela, c’est presque banal. Et pourtant, c’est précisément ce qui s’était progressivement fragilisé ces dernières années.
Un équilibre difficile mais nécessaire
Un bon accord de gouvernement n’est pas celui qui satisfait tout le monde, mais celui qui peut être appliqué. L’objectif de retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2029 impose une réalité : la solidarité n’est durable que si elle est financée durablement. Celui-ci reste exigeant : atteindre l’équilibre budgétaire tout en améliorant concrètement le quotidien des habitants sera difficile. Mais pour la première fois depuis longtemps, j’y vois une cohérence : assainir, simplifier et rendre la ville plus vivable en même temps. Cet accord évite aussi l’austérité aveugle en maintenant des investissements pour le social, la transition environnementale et la qualité de vie. En résumé :rigueur oui, immobilisme non.
La vraie épreuve commence maintenant
Ce texte n’est ni spectaculaire ni révolutionnaire. Et c’est peut-être sa principale qualité. Un bon accord n’est pas celui qui satisfait tout le monde — c’est celui qui peut être appliqué.

Après 613 jours à chercher un compromis, la question n’est plus de savoir ce que Bruxelles doit faire. La question est beaucoup plus simple — et beaucoup plus exigeante :
est-ce qu’on va enfin le faire ?
Maintenant, agir
Durant toute la négociation, un cap a guidé Les Engagés : le rayonnement de Bruxelles et le bien-être de ses habitants.
Après plus de 613 jours perdus, le temps n’est plus aux discussions mais à la mise en œuvre. Bruxelles possède des atouts uniques. À présent, il s’agit de lui donner les politiques capables d’être enfin à la hauteur de son potentiel.



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