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1,7 milliard d’euros sur le dos des communes : un signal d’alarme qui doit etre entendu

  • Photo du rédacteur: Patricia Nagelmackers
    Patricia Nagelmackers
  • 27 mars
  • 3 min de lecture

Le conseil d’administration de Brulocalis, sous la présidence de Christian Lamouline Bourgmestre Engagé de la Comme de Berchem St Agathe, a rencontré le nouveau Ministre régional des pouvoirs locaux Ahmed Laaouej pour évoquer avec lui des besoins, enjeux, et défis des communes et des CPAS bruxellois.


Ils ont longuement échangé sur les futurs transferts de charges inacceptables sur les pouvoirs locaux estimé à 1,7 milliard d’euros. C’est le montant des charges supplémentaires qui pourraient peser sur les communes bruxelloises entre 2025 et 2029, selon Brulocalis.


Derrière ce chiffre, il y a une réalité politique majeure :nos communes sont de plus en plus sollicitées… sans recevoir les moyens correspondants. Et qui paient l’addition, les citoyens qui voient les services diminuer et leur impôts augmenter pour payer la facture.

 

Un constat unanime des bourgmestres

À Bruxelles, tous les bourgmestres — toutes tendances confondues — ont validé ce constat.

Ce consensus est rare. Il est donc d’autant plus significatif.

Il traduit une inquiétude profonde :👉 nos communes atteignent un point de rupture.

Comme l’a souligné le président de Brulocalis, Christian Lamouline, Bourgmestre Engagé, les pouvoirs locaux ne peuvent plus être « une variable d’ajustement ».

Des décisions prises ailleurs… et payées localement

Ce report de charges s’explique notamment par des décisions prises à d’autres niveaux de pouvoir, en particulier au fédéral.

Concrètement, cela se traduit par :


1. Explosion des demandes auprès des CPAS

La réforme du chômage entraîne un afflux massif vers les CPAS.Jusqu’à 60 % des nouveaux chômeurs se tournent vers les CPAS 

Aujourd’hui à Uccle on est à 48% à mars 2026.

Ce qui entraîne, de facto :

  • plus d’aide sociale à financer

  • plus de personnel à mobiliser

  • des budgets sous pression immédiate


    2. Sous-financement de la police locale

Les communes doivent absorber une part croissante des coûts liés à la sécurité, alors même que celle-ci reste une mission fondamentale de l’État.

Le sous-financement est estimé à plus de 400 millions d’euros sur la période.

Mais la pression ne s’arrête pas là.

➤ Une refonte annoncée des zones de police

La volonté de réorganiser les zones de police suscite de nombreuses inquiétudes au niveau local.

Sans garanties claires :

  • sur le financement

  • sur le maintien de la proximité

  • sur la gouvernance locale

Les communes craignent une réforme qui complexifie encore la gestion… sans moyens supplémentaires.

➤ La norme KUL : une pression supplémentaire

La norme dite « KUL », qui vise à objectiver les besoins en effectifs policiers, est de plus en plus utilisée comme référence.

Problème :

  • elle met en évidence un manque structurel de personnel dans plusieurs zones

  • mais sans financement fédéral suffisant pour combler cet écart

Résultat :

  • soit les communes financent elles-mêmes ces besoins

  • soit elles assument un sous-effectif chronique


3. Pression sur les services à la population

Faute de moyens suffisants, les communes tirent la sonnette d’alarme :

 Risques évoqués :

  • fermeture de crèches

  • réduction de services publics

  • hausse de la fiscalité locale

 

4. Un déséquilibre structurel

Au total :

  • 1,7 milliard € de charges 

  • mais seulement environ 27 % compensés 

Cela laisse plus d’1,2 milliard à charge des communes

 

Une ligne claire pour Les Engagés : responsabilité et loyauté

Face à cette situation, une chose doit être dite clairement :

Chaque niveau de pouvoir doit assumer ses décisions.

Le fédéralisme ne peut fonctionner que s’il repose sur :

  • la concertation

  • la loyauté entre niveaux de pouvoir

  • la neutralité budgétaire

Aujourd’hui, ces principes sont fragilisés.

 

Refuser que les communes deviennent la variable d’ajustement

Les communes sont le premier niveau de contact avec les citoyens.Ce sont elles qui :

  • accompagnent les plus fragiles

  • assurent la sécurité au quotidien

  • organisent les services essentiels

Les fragiliser, c’est fragiliser directement les Bruxellois.

Nous refusons que :

  • les décisions soient prises ailleurs

  • et que la facture soit envoyée aux communes

  • puis, in fine, aux citoyens

 

Un appel à la cohérence et à l’action

Le signal envoyé par les 19 bourgmestres est clair.

Ce n’est pas un débat idéologique.C’est un constat de terrain.

Il est temps de :

  • rétablir un équilibre entre les niveaux de pouvoir

  • garantir une compensation réelle des charges transférées

  • redonner de l’oxygène financier aux communes

 

Conclusion

Les Engagés défendent une ligne simple : des réformes, oui — mais pas au détriment des communes et des citoyens.

Parce qu’au bout du compte,quand on fragilise les communes,ce sont toujours les citoyens qui paient la facture.



 
 
 

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